El Termómetro

El Termómetro est l’un des édifices les plus singuliers de l’architecture rationaliste d’Oviedo. Conçu en 1936 par Vidal Saiz Heres, il se distingue particulièrement par son étroit angle courbe et vitré, à la jonction des rues San Francisco et Fruela.

Édifice El Termómetro à Oviedo

El Termómetro · San Francisco et Fruela · Oviedo

Projet1936
Achèvement1943
ArchitecteVidal Saiz Heres
StyleRationalisme

Une œuvre résolument moderne

L’édifice se trouve au numéro 21 de la rue San Francisco, à l’angle de la rue Fruela et à proximité de la plaza de la Escandalera. Il fut conçu en 1936 par l’architecte Vidal Saiz Heres pour sa tante, Concha Heres.

La guerre civile interrompit le développement du projet et l’édifice ne fut achevé qu’en 1943. Entre-temps, le contexte architectural avait changé, rendant encore plus remarquable une œuvre conçue dans le langage avant-gardiste des années 1930.

Une œuvre majeure : le ministère espagnol des Travaux publics a distingué El Termómetro comme l’une des réalisations emblématiques de la modernité architecturale asturienne et a signalé son angle entièrement vitré comme l’une des premières expériences de mur-rideau du rationalisme espagnol.

Vidal Saiz Heres

Vidal Saiz Heres naquit en 1901 et obtint son diplôme d’architecte en 1928. Il appartient à la génération d’architectes asturiens qui introduisit, au cours des années 1930, les principes de l’architecture moderne.

Avec El Termómetro, il développa une solution particulièrement audacieuse pour une parcelle située dans l’un des emplacements les plus visibles d’Oviedo. Plutôt que de rivaliser avec l’architecture monumentale environnante, il choisit une composition légère, verticale et expressive.

Pourquoi s’appelle-t-il El Termómetro ?

Le nom provient de son élément le plus caractéristique : l’étroit angle courbe situé à la jonction des rues San Francisco et Fruela. Une succession verticale de grandes surfaces vitrées parcourt l’édifice et rappelle visuellement la colonne d’un thermomètre.

L’édifice compte neuf étages et souligne volontairement son élancement. Les bandes de fenêtres et le vitrage courbe adoucissent l’angle et renforcent l’impression de verticalité.

À observer : placez-vous sur la plaza de la Escandalera et regardez vers l’angle de l’édifice. Depuis ce point de vue, on distingue particulièrement bien l’étroite colonne vitrée qui lui a donné son nom.

Une façade d’inspiration métropolitaine

L’architecture associe le rationalisme à une expressivité qui a été rapprochée de différents courants européens de l’entre-deux-guerres. L’angle vitré, la composition verticale et le traitement de la façade donnaient à l’édifice une apparence cosmopolite peu habituelle dans l’Oviedo de l’époque.

Les historiens de l’architecture ont également souligné l’influence du bâtiment Capitol de Madrid, inauguré quelques années auparavant. Les deux édifices partagent une utilisation expressive d’une parcelle d’angle et une image urbaine associée à la grande ville moderne.

À l’origine, le toit accueillait également une grande enseigne lumineuse, un autre élément qui renforçait cette image métropolitaine.

Pierre, verre et marbre noir

La façade utilise deux tonalités de pierre ainsi que de grandes surfaces vitrées. Au-dessus du rez-de-chaussée se trouvait également une marquise revêtue de marbre noir de Marquina, qui marquait clairement la séparation entre les locaux commerciaux et les étages supérieurs.

Au fil des décennies, plusieurs transformations ont modifié des éléments importants : la marquise a disparu et une partie des vitrages courbes a été remplacée par des panneaux plats, altérant la continuité de l’angle.

La récupération de son aspect d’origine

Entre 2009 et 2012, l’édifice fit l’objet d’une importante restauration dirigée par Borja Bordiú Cienfuegos-Jovellanos. L’intervention visait à retrouver l’aspect original du bâtiment et à corriger certaines des modifications accumulées au fil des décennies.

Les travaux concernèrent également la construction attenante, initialement destinée au logement du concierge et ajoutée par Vidal Saiz Heres en 1949, qui fut intégrée à la restauration de l’ensemble.

Architecture du Mouvement moderne

El Termómetro figure dans le catalogue du Plan national espagnol de conservation du patrimoine culturel du XXe siècle ainsi que dans des inventaires spécialisés d’architecture moderne. Son intérêt réside autant dans son audace formelle que dans la manière de traiter une parcelle particulièrement visible du centre d’Oviedo.

Il abrite toujours des logements, des bureaux et des locaux commerciaux, conservant ainsi le caractère d’édifice urbain à usage mixte pour lequel il avait été conçu.

Localisation et visite

Adresse : 21, rue San Francisco · 33003 Oviedo.

Situation : à l’angle de la rue Fruela, près de la plaza de la Escandalera et du Campo de San Francisco.

Coordonnées : 43.361666, -5.847698.

Usage actuel : logements, bureaux et locaux commerciaux.

Visite : l’édifice ne propose pas de visite touristique régulière. Sa façade peut être observée librement depuis les rues San Francisco et Fruela ainsi que depuis la plaza de la Escandalera.

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